
On raconte qu’à Waterloo, lors des festivités de la Saint-Jean-Baptiste, alors que le soleil descendait doucement derrière les collines se mêlaient aux rires de la foule, un conteur est venu rallumer une autre sorte de flamme et quand les flammes montent, les légendes se réveillent.
Ainsi s’est conclue la première saison de Conte en veston, une initiative de l’Espace Familles de Waterloo (MFGR) qui, depuis décembre dernier, a invité des hommes de cœur à partager des récits, des souvenirs et des légendes avec les familles de notre communauté.
Durant toute l’année, des voix différentes se sont succédé. Certaines étaient connues, d’autres moins. Toutes avaient cependant le même pouvoir : celui de suspendre le temps quelques instants pour permettre aux petits comme aux grands de rêver ensemble.
Et comme dans les plus belles histoires, la fin de cette première saison est revenue là où tout avait commencé.
Le premier conteur de l’aventure avait été le maire de Waterloo, Pascal Russell. Quelques mois plus tard, lors des célébrations de la Saint-Jean, c’est un autre amoureux des mots qui est venu tourner la dernière page du premier chapitre : Paul Bradley.
Pour plusieurs, Paul Bradley n’a plus besoin de présentation. Depuis plus de vingt ans, il parcourt les routes du Québec avec son bagage rempli d’histoires.
Certaines viennent de loin. D’autres sont nées tout près d’ici, dans les Cantons-de-l’Est, entre les érables, les chemins de campagne et les souvenirs transmis de génération en génération.
Ceux qui l’ont entendu raconter savent qu’il ne se contente pas de dire une histoire. Il la peint.
Peintre de formation devenu conteur, il manie les mots comme d’autres manient les pinceaux. Sous sa voix, les personnages prennent vie, les chemins s’allongent, les forêts deviennent mystérieuses et les légendes semblent soudainement possibles.
Le 23 juin, un public plus mature a été convié à entrer dans son univers. Le lendemain, familles et enfants se sont à leur tour laissés emporter par ses récits.
Deux publics, un même émerveillement.
Car le conte possède un pouvoir particulier. Il n’a besoin ni d’écran, ni d’effets spéciaux, ni de technologie. Une voix suffit. Une histoire suffit. Et tout un monde apparaît.
C’est précisément cette magie que Conte en veston a cherché à faire renaître tout au long de sa première saison.
Dans une époque où tout semble aller plus vite, le projet a offert aux familles un moment rare : celui de s’arrêter, d’écouter et d’imaginer ensemble.
Au fil des rencontres, les histoires ont créé des ponts entre les générations. Elles ont fait sourire, réfléchir, rêver et parfois même voyager très loin sans jamais quitter Waterloo.
Et lorsque les dernières paroles de Paul Bradley se sont envolées dans l’air de juin, il est resté quelque chose d’invisible, mais bien réel : le souvenir d’un moment partagé.
Comme toutes les bonnes légendes, celle de Conte en veston ne s’est pas véritablement terminée.
Elle s’est simplement arrêtée au mot « à suivre ».
Car les histoires, elles, trouvent toujours le chemin pour revenir.